La sous-location séduit de nombreux locataires qui souhaitent alléger leurs dépenses ou s’absenter quelques mois sans perdre leur logement. Pourtant, cette pratique est strictement encadrée. Avant de confier les clés à un tiers, mieux vaut connaître ce que permet réellement la réglementation française et comment éviter tout risque de résiliation de bail. Cet article fait le point sur les règles actuelles, les obligations légales et les conditions pour sous-louer en toute sérénité en France.
Sous-location : définition et cadre général
Dans le langage courant, on parle de sous-location dès lors qu’un locataire met à disposition tout ou partie du logement qu’il occupe, en échange d’un loyer versé par un tiers. Cela distingue clairement la sous-location de l’hébergement gratuit. Ce mécanisme crée une relation tripartite : le bailleur reste lié uniquement au locataire principal, tandis que le sous-locataire dépend exclusivement du contrat signé avec ce dernier.
Toutes les obligations prévues par le bail initial — entretien, réparations locatives ou assurance — continuent donc d’être supportées par le locataire en titre. Le propriétaire n’a aucun lien direct avec l’occupant secondaire, ce qui explique la vigilance particulière de la réglementation.
Sous-louer son logement : ce que dit la loi française
La loi encadrant les locations d’habitation précise très clairement la règle principale. La sous-location est interdite par défaut, qu’il s’agisse d’un logement vide ou meublé en résidence principale. L’article 8 de la loi du 6 juillet 1989 exige que le locataire obtienne l’accord écrit du propriétaire, et ce accord doit porter à la fois sur la mise en sous-location et sur le montant du loyer demandé.
La jurisprudence rappelle également que le locataire doit occuper personnellement son logement au moins huit mois par an, sauf exceptions comme une mutation professionnelle ou un problème médical. Cette obligation limite les sous-locations prolongées et les usages abusifs, notamment dans les grandes villes où les pratiques type Airbnb sont fortement surveillées.
Le propriétaire a donc tout intérêt à préciser par écrit son positionnement : acceptation totale, refus ou autorisation encadrée.
Les conditions pour qu’une sous-location soit légale
Lorsqu’un bailleur donne son accord, plusieurs règles doivent être respectées pour éviter toute contestation. Le loyer demandé au sous-locataire ne peut pas dépasser celui payé par le locataire principal, ce qui évite toute forme de spéculation. En cas de sous-location partielle, c’est le prix au mètre carré qui est retenu pour évaluer la limite.
La durée du contrat doit, elle aussi, rester inférieure ou égale à celle du bail principal. Certaines communes imposent des formalités supplémentaires lorsqu’il s’agit d’une sous-location saisonnière, comme une déclaration obligatoire en mairie et une limite de durée annuelle.
Enfin, plusieurs catégories de logements font l’objet de règles particulières. Par exemple, les logements sociaux interdisent toute sous-location totale et n’autorisent une occupation partielle qu’à des profils spécifiques, comme les personnes âgées ou en situation de handicap. Les résidences universitaires, quant à elles, refusent toute sous-location sans exception.
Contrat, obligations et fonctionnement juridique

Le contrat de sous-location : un document indispensable
Dès que le propriétaire donne son accord, un contrat doit formaliser la relation entre le locataire principal et son sous-locataire. Ce document précise l’identité des occupants, la surface concernée, le montant du loyer et des charges, la durée de la location et le préavis.
Le locataire doit aussi fournir une copie de son bail ainsi que l’autorisation écrite du bailleur. Cette formalisation permet de protéger les deux parties, notamment en cas de litige ou d’état des lieux contesté.
Assurance, responsabilités et risques juridiques
Même si le sous-locataire peut être invité à souscrire une assurance habitation, le locataire principal reste responsable des dommages causés au logement ou des impayés. En cas de sous-location illégale, le propriétaire peut exiger la restitution des sous-loyers perçus et engager une procédure de résiliation.
Les risques sont également importants pour le sous-locataire. En fait, il ne bénéficie pas des protections prévues pour un locataire classique et peut être contraint de quitter les lieux immédiatement si le bail principal prend fin.
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Fiscalité et conséquences en cas d’infraction
Les revenus perçus dans le cadre d’une sous-location sont imposables. Le locataire doit déclarer ces loyers, soit comme BIC pour une sous-location meublée, soit comme BNC pour une sous-location d’un logement nu.
Une absence de déclaration est assimilée à une fraude fiscale, avec pénalités pouvant atteindre 80 %. Il existe toutefois des possibilités d’exonération lorsque la sous-location concerne uniquement une partie de la résidence principale et que le loyer respecte les plafonds établis par l’administration.
Les sanctions prévues en cas de sous-location illégale
Une sous-location non autorisée expose le locataire à des risques importants. Le bailleur peut mettre fin au contrat pour motif légitime et obtenir réparation des sommes versées illégalement. La jurisprudence admet également des indemnisations en dommages et intérêts. Pour le sous-locataire, l’absence de contrat légal rend impossible toute demande d’aide au logement ou recours en cas de litige. Son occupation devient totalement précaire.
Ce qu’il faut retenir pour sous-louer en respectant la loi
Comprendre la réglementation permet d’éviter les mauvaises surprises. Les règles sont strictes mais claires. En effet, accord écrit du propriétaire, prix encadré, contrat formalisé et déclaration des revenus.
Une sous-location bien encadrée protège à la fois le locataire, le propriétaire et le sous-locataire, tout en évitant les risques de résiliation et de contentieux. La vigilance reste donc essentielle pour transformer la sous-location en véritable solution temporaire et conforme à la loi.
FAQ – Sous-location en France
La sous-location est-elle autorisée en France ?
La sous-location n’est possible que si le propriétaire donne son accord écrit. Sans cet accord, elle est considérée comme illégale, même pour une courte durée.
Le propriétaire peut-il refuser une sous-location ?
Oui, il peut refuser sans justification. L’autorisation n’est jamais automatique et doit être explicitement donnée par écrit, y compris pour le montant du loyer.
Le loyer peut-il être plus élevé en sous-location ?
Non. Le montant payé par le sous-locataire ne peut pas dépasser le loyer payé par le locataire principal, que la sous-location soit totale ou partielle.
Que risque un locataire en cas de sous-location illégale ?
Le bail peut être résilié et le propriétaire peut demander le remboursement de tous les sous-loyers encaissés. Des dommages et intérêts peuvent aussi être réclamés.
Un sous-locataire peut-il toucher les APL ?
C’est possible dans certaines conditions, notamment lorsque la sous-location est légale, déclarée et que le sous-locataire respecte les critères d’éligibilité.
Faut-il un contrat pour sous-louer ?
Oui. Le contrat de sous-location est indispensable. Il doit préciser la surface occupée, le montant du loyer, la durée et être accompagné de l’accord du propriétaire.
Les revenus tirés d’une sous-location sont-ils imposables ?
Oui. Ils doivent être déclarés : en BIC pour une sous-location meublée, en BNC pour une sous-location d’un logement vide.
